Officiellement séduit

19 septembre 2008

Jérôme Hanover de L'Officiel a rencontré Isabelle Adjani pour parler de sa collaboration avec Lancel. Le moins que l'on puisse dire c'est que le journaliste est tombé sous le charme.

Une muse pour Lancel.

Au commencement était l'ingénuité. Souvenez-vous : elle était Agnès dans L'Ecole des femmes de Molière sur les célébrissimes planches de la Comédie-Française. Elle fut également Ondine de Jean Giraudoux sur la même scène mythique. Mais aussi la bourgeoise rebelle de Subway, la fille survoltée de Tout feu tout flamme, l'artiste affolée de Camille Claudel, la vengeresse jusqu'au-boutiste de L'Eté meurtrier, l'amoureuse passionnée de L'Histoire d'Adèle H... Et lorsqu'elle arrive pour notre rendre-vous exclusif, loin des interviews enchaînées qu'elle accorde habituellement aux autres publications, sa présence est un souffle qui emplit tout l'espace. Isabelle Adjani semble auréolée de tous ces mythes qu'elle a créés, de toute ces légendes qu'elle a côtoyées. Elle enlève ses lunettes noires et, tout d'un coup, la lumière est.


Elle est assise sur son canapé de cuir au studio pin-up. Je pense à Truffaut, je pense à Becker, je pense à Zulawski. Cela fait trois jours que je chante du Gainsbourg : le Pull marine passe en boucle et résonne dans tout l'immeuble. Y a-t-il une actrice que j'aurais tant aimé rencontrer? Sarah Bernhardt peut-être. Et encore... Tout le staff lui donne du Isabell par-ci, Isabelle par-là.
Moi, je suis en face de Mademoiselle Adjani. La plus grande des stars des années 80 ; ces eighties qui reviennent tant à la mode ces dernières saisons. Dès qu'elle détourne le regard, je la détaille. Rapidement. Son pantalon noir, ample, ses compensées, son sac en croco... Puis je reviens me plonger dans "le bleu de ses yeux", comme aurait dit Edith Piaf. A côté d'elle, il y a Marc Lelandais, le président de Lancel. Il est bel homme, mesdames, il ne vous aurait pas déplu non plus! Mademoiselle Adjani parle de sacs : "A l'époque de la nouvelle vague, la liberté, c'était de partir les mains dans les poches sans rien. Aujourd'hui, ça a complètement changé." Elle imagine son sac idéal : "Un sac quotidien, un sac facile mais qui, en même temps aurait une grâce. Pour moi, le luxe c'est vraiment la sensation. J'ai vu, j'ai touché les cuirs de Lancel, ils sont fabuleux." Bien sûr, ce sac, c'est Lancel qui le fera. Peut-être -sans doute- portera-t-il même son nom. Car la marque a eu la divine idée de demander à Mademoiselle de devenir son ambassadrice. Marc Lelandais insiste bien là-dessus : "Ambassadrice, pas égérie. Le mot est laid et vide de sens tellement il a été répété. Alors que l'ambassadrice embrasse son sujet ; largement et vastement. C'était pour moi très important." Il a toujours refusé les visages multicasquettes qui représentent un jour telle marque de cosmétiques, le lendemain telle marque de maroquinerie... Il voulait une muse rien qu'à lui. Il a choisi Isabelle Adjani.

Photo Linda Bujoli,
Assistée de Philippe Bustarret