Le mot des producteurs

20 février 2009

Acteurs de l'ombre, mais d'importance, sans qui le projet de Jean-Paul Lilienfeld n'aurait peut-être pas vu le jour, les producteurs s'expriment à leur tour sur ce film qu'ils ont su porter, et nous apporter aujourd'hui sur les petits et grands écrans.


Bénédicte Lesage et Ariel Askénazi, Mascaret Films :
Une histoire forte, drôle et triste,
De l’autre côté du périph.
De la pure fiction,
Qui nous parle si justement de la réalité,
Avec Isabelle Adjani, incroyablement généreuse de son talent.
Et un cinéaste Jean-Paul Lilienfeld, qui ose « l’humour du désespoir »,
Qui croit encore que la femme est l’avenir de l’homme.
Nous sommes fiers d’avoir produit ce film,
Nous espérons que vous serez forts de l’avoir vu.


François Sauvagnargues, Directeur de la Fiction d'ARTE France :
Une histoire périlleuse, culottée, mais très nécessaire.
Quand Jean-Paul Lilienfeld et Bénédicte Lesage m’ont proposé cette histoire, je l’ai trouvée périlleuse, culottée, mais très nécessaire.
Elle s’inscrivait en plein dans la ligne des fictions engagées que nous développons sur Arte.
Périlleuse sur le fond? Comment, en effet, parler de la violence scolaire à travers une situation extrême à la limite du vraisemblable? Mais, les professeurs qui subissent les insultes et les menaces des élèves sont des faits récurrents, la violence des mineurs, le malaise des banlieues, l’impuissance de tous sont une réalité, sans parler du racket, de la discrimination des filles, ou du racisme à l’école. le film montre tout cela de façon provocante, sans omettre le point de vue du corps enseignant.
Culottée dans la forme? L’auteur ose faire pleine confiance à la fiction par l’utilisation des codes du film d’action (le négociateur, le huis clos), l’inversion jubilatoire des situations convenues, un goût pour aller jusqu’au bout des situations, en assumant le mélange des genres, de la comédie au drame, dans un traitement radical, haletant, un suspense à haute tension qui se focalise sur les personnages.
Nécessaire finalement? À la hauteur des intentions initiales, le film est une prise de conscience de la dégradation de la situation de l’école comme ascenseur social en panne, le rappel qu’il existe des valeurs indiscutables, que les femmes restent un facteur décisif de changement.
Je voulais remercier Isabelle Adjani qui a mis tout son talent pour nous faire partager la charge émotionnelle du personnage ainsi que tous les autres comédiens savoureux en dépit du tragique de la situation et bien sûr, la troupe de jeunes acteurs pleine d’énergie.
L’émotion qui se dégage de cette fiction sans concession nous dit beaucoup de choses sur la complexité du monde de l’éducation, tout en faisant le pari de l’humanité. Comme un rêve politiquement incorrect, qui tourne au cauchemar, offert à tous les professeurs chahutés, quand bien même le miroir qui leur est tendu est très dérangeant.

Textes tirés du dossier de presse édité par ARTE France
Photo © Jean-Marie Marion