Adjani pète les plombs

19 mars 2009

"Pétage de plomb" pour Le Point.


Quand Jean-Paul Lilienfeld a voulu monter « La Journée de la jupe » au cinéma, les producteurs ont fait l'impasse : « Sujet trop sensible . » On saluera donc Arte d'avoir financé un projet qui ose dire ce que certains pensent tout bas. Marre des élèves qui agressent leurs profs ? Voilà une prof au bout du rouleau qui, lasse d'être « traitée » par ses élèves, les tient en joue avec un revolver. Allez, tout le monde s'allonge et on va voir qui va morfler : « Mouss, quel était le vrai nom de Molière? » Lilienfeld y va fort dans le ras-le-bol, formidablement secondé par une Isabelle Adjani tour à tour hystérique, cinglante ou usée. Après le dialogue ami-ami qui n'aboutissait pas à grand-chose (« Entre les murs »), voilà la manière forte à la Dirty Harry, qui aboutit à pis encore. Mais on aura tiré la sonnette d'alarme : les profs n'en peuvent vraiment plus.
Autres victimes avec les profs : les filles. Car Lilienfeld fait aussi le procès du machisme affolant chez les jeunes Noirs et Arabes. Le port du voile a été polémique ? Lilienfeld réclame, via Adjani, une journée pour le port de la jupe : « Si les filles ne se mettent plus en jupe, c'est par peur de passer pour des putes. » A ceux qui lui reprochent d'avoir stigmatisé les garçons il réplique : « Les lycéens de mon film sont les premiers à admettre que c'est bien comme ça, dans leur école. » Acceptons cette « Jupe » telle qu'elle est : un film tripal, remonté, qui sonne le signal de la résistance.

François-Guillaume Lorrain Le Point - 19 mars 2009