Un avant-goût de L'Hebdo Cinéma

24 mars 2009

Le blog de l'émission L'Hebdo Cinéma, diffusée chaque samedi sur Canal+, nous donne un avant-goût de l'interview, que nous pourrons découvrir le 28 mars, au travers de deux extraits et d'un texte de Daphné Roulier à lire ci-après.









Rendez-Vous Avec Adjani

Interviewer Adjani, c’est entrer dans un monde. Celui de la rumeur tout d’abord, ce que Julien Gracq appelait joliment « le vent mauvais des idées fausses ». Plus qu’une brise, un typhon : « difficile », « capricieuse », « diva », Adjani c’est l’Actrice par excellence que l’on affuble de tous les mots/maux. Alors, bien sûr, on prépare cette interview comme le grand oral de l’ENA pour négocier au mieux les dérapages incontrôlés et parer à toute éventualité. Lesquelles ? On ne sait pas trop, mais on s’y atèle quand même. On révise ses films, on bachote ses fiches, on peaufine ses questions, on ferme les écoutilles et, la voilà, devant nous : belle, souveraine, studieuse, impliquée. AJDANI est donc là, très loin finalement de là où on l’attendait. Nul chahut, nulle discordance, nulle exigence, pas le plus petit caprice ou desiderata. A peine demande-t-elle à vérifier la lumière du plateau, soucieuse de son image en bonne pro’ mais sans excès, un préalable dont elle se dispenserait volontiers du reste, et dont elle s’acquitte comme on règle un instrument de musique, ni plus ni moins. Elle vérifie, et approuve. Poliment. On s’en étonnerait presque, serait-ce une posture, du bluff ? On a beau l’épier, sonder l’animal, chercher la faille, gratter gentiment l’écorce sociale, elle n’est que simplicité. Cette même simplicité qui m’avait frappée chez Meryl Streep. Interviewer Adjani, c’est pénétrer dans un monde sensible, où l’intensité se dispute à l’humanité. Le temps de l’interview, elle nous aura offert l’hospitalité, et une leçon. Une actrice rare, c’est sûr.
Daphné Roulier