Encore plus de Mammuth

16 mars 2010

Plus de Mammuth grâce à Canal+, partenaire du film, qui a ouvert sur son site une page qui se verra enrichie au fur et à mesure de l'approche de la sortie en salles le 21 avril. Pour l'heure sont disponibles : deux vidéos (le reportage diffusé dans Histoires de Cinéma et une introduction teasing des deux réalisateurs), des photos dont certaines inédites (voir ci-dessous), les fiches techniques et artistiques et enfin une rubrique "A propos" avec 18 mots clés lâchés par les réalisateurs Benoît Delépine et Gustave Kervern et que voici :

Quelques mot clés...

Mythologie:
"Mammuth, c'est l'histoire d'un type qui essaie de rentrer chez lui. C'est Ulysse". (B.D.)

Anarchie: "Mammuth est sans doute un film moins anar que "Aaltra" ou "Louise Michel". Enfin, en apparence. Quoique pour les adeptes de la décroissance, on peut pas faire mieux que l'histoire d'un mec qui part avec sa moto et qui revient en djellabah. Bon, on peut pas dire dans chaque film: il faut buter les patrons. Ça lasserait. Mais sinon, le point de vue est le même, l'esprit y est. De toutes façons, on n'est pas obligés de faire toujours la même chose, hein. L'important, c'est de pas se faire chier. Parce que si tu t'emmerdes, c'est fini, t'es mort." (B.D.)

Onirisme: "Nos films sont réalistes poétiques. Ils sont réalistes, parce qu'ils parlent du monde réel. Et ils sont poétiques, parce qu'ils essaient de lui échapper. Mais attention: des mecs qui ramassent des poubelles, pour nous, ils sont poétiques". (B.D.)

Administration: "Dès que je quitte l'imaginaire de Groland, je me retrouve face à l'enfer administratif. Il y a de quoi se flinguer tellement c'est con. La seule porte de sortie, c'est la folie. C'est ça, l'histoire des papelards. Mais quand on recherche des papiers administratifs pour sa retraite, il y a aussi toute l'histoire qui revient, là où on a bossé, où on a vécu. C'est de la nostalgie pure". (B.D.)

Conte: "C'est pas un conte, pas du tout. J'en ai trop lu quand j'étais petit, des contes. On n'est plus dans le monde des contes et légendes, il faut s'y faire". (G.K.)

Conte (bis): "C'est vrai qu'il y a une maison rose, avec des nains de jardin bizarres un peu partout. Mais c'est pas une maison de conte, juste une maison peinte en rose dans un lotissement pourri. C'est comme les squatts berlinois, si tu veux, à part que c'est pas collectif. Si tu fais ça dans ton pavillon de banlieue, tu le fais seul, tu t'adresses pas à des gens qui sont convaincus d'avance. On va crier au fou, au furieux. C'est ce qui nous plait". ((B.D.)

Moto: "C'est une Münch 1200 de 1972 que pilote Gérard dans le film. Il doit en rester une dizaine au monde, celle-ci nous a été confiée par un collectionneur. Une moto allemande des années 60, on n'avait jamais vu ça : l'inventeur avait pris un moteur de voiture, et l'avait mis dans un cadre de moto. Quant j'étais petit, à la campagne, la moto représentait vraiment pour moi une forme de libération." (B.D.)

Travail: "Bien sûr, c'est un film sur le travail. Sur la brutalité du travail. Parce qu'au moment de crever, c'est quand même pas ça que tu retiens. Mammuth, c'est un type qui vit dans l'instant présent". (G.K.)

Con: "C'est pas qu'il est con, Mammuth. Il est ailleurs". (B.D.)

Depardieu: "En début de tournage, il était pas charitable, parce qu'il est habitué à jouer dans des films où il y a des acteurs. Chez nous, il n'y a pas d'acteurs, il y a des passants. Après, ça allait mieux. Et au total, c'est un mec qui donne tout, on a eu l'impression qu'il était à poil tout le temps. Il a trouvé plein de trucs: quand Mammuth se baigne dans la rivière, comme un gros enfant, c'est lui. C'est du don: on l'a mis dans des situations impossibles, et il y est allé". (B.D.)

Moreau: "Sans elle, impossible de faire Louise Michel. Et face à Mammuth, c'est la seule Catherine qui tienne".

Adjani: "C'est la Dame Blanche qui apparait au bord des routes, après un accident. Un spectre, mais qui engueule Mammuth, qui le tire par les cheveux. C'est un fantôme qui botte le cul des gens, et de toutes façons, les femmes bottent toujours le cul des mecs. Adjani a été géniale. On l'a eue trois jours; quand elle ne jouait pas, elle tournait avec une caméra super 8 autour de Gérard. Les images sont dans le film" (G.K.)

Godin (Noël, dit L'Entarteur): "Il est dans chacun de nos films, ici c'est une statue, la statue de l'entarteur, on l'appelle le Tartobole. Il faut avoir l'oeil pour le repérer. A chaque fois qu'on le prend, on a une appréhension : qu'il nous dise qu'on transige, qu'on perd l'agressivité. Qu'il finisse par nous entarter". (B.D.)

Et les autres: "Il y a du monde dans ce film. Benoît Poelvoorde, qui est un peu notre mascotte et à qui il faudra bien un jour qu'on trouve un premier rôle, Blutch, Catherine Hosmalin, Philippe Nahon, Bouli Lanners, Anna Mouglalis, Siné, Rémy Kolpa Kopoul (avec lequel Gérard a beaucoup discuté). C'est des gens..." (G.K.)

Son: "Notre dada, depuis toujours. Le son, c'est le contraire de la littérature, c'est le contraire du scénario. C'est le cinéma". (G.K.)

Anachronisme: "Bien sûr que c'est un film anachronique. Même l'image est anachronique. Avec du 8mm, de la vieille pellicule que plus personne n'utilise. En fait, plus personne ne la fabrique non plus. On a fait un stock, on s'en resservira. Nous, on avait envie d'une vraie beauté de l'image, on avait envie d'autre chose que ce qu'on voit aujourd'hui. C'est du noir et blanc en couleurs. On n'avait jamais fait de making of, là on en a fait un: c'est Fred Poulet qui l' a filmé, en super 8mm. Il sera dans le dvd". (G.K.)

Acteurs: "On utilise souvent des acteurs qui sont non-professionnels, des gens qu'on connait, ou bien ceux qu'on rencontre sur le tournage. Comme on n'a pas de script, ce qui fait qu'on tourne le plus souvent dans la continuité, on rencontre quelqu'un, on se dit: tiens, il serait bien là, celui-là. Et on le prend. On lui demande d'être sincère, de pas faire semblant. Nos films sont pleins de gens qui nous ressemblent. Donc on n'est pas des directeurs d'acteurs, ou de non-acteurs. On est des directeurs de rien du tout. On n'est pas des cornacs. Ce qui est important, c'est ce que les acteurs ont dans le coeur. Et puis un truc: qu'ils aient pas peur du ridicule". (G.K.)

Perfection: "Des conneries. C'est quand un film est imparfait qu'il nous plait". (G.K.)

Entretien réalisé par Jérôme Mallien



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