Des nouvelles de Mère Gothel

12 novembre 2010

De nouveaux détails sur Raiponce, et plus particulièrement sur Mère Gothel, avec une seconde vidéo de l'avant-première du 6 novembre à Disneyland® Paris, une critique sur la performance d'Isabelle Adjani et les dernières photos du film mettant en scène ce personnage diabolique.



Images ©Disney

© 2010 Disney Enterprise, Inc.
Hourrah !

Depuis combien de films ne nous a-t-elle pas fait rire comme ça ? D’aucuns diront Bon Voyage, et tout de même Bon Voyage c’était il y a sept ans ; reconnaissons que dans La Journée de la jupe, elle était drôle aussi… Si, si, rappelez-vous, quand elle traitait Denis Podalydès de Rantanplan, ou quand elle partait en vrille un chantant un petit hymne à Zinedine Zidane ; mais c’était des rires-éclairs, des rires-défouloirs qui servaient à évacuer la tension.
Dans Raiponce, elle va vous faire rire, mais elle va aussi vous surprendre, vous épater, vous emmener où elle veut par le seul sortilège de sa voix !
Raiponce, c’est le dernier film des studios Disney. Quel drôle de titre, me direz-vous. Sans doute, à chaque fois qu’ils vont l’entendre pour la première fois, les gens vont répéter, le sourcil froncé : « Réponse ? »
RAIponce. C’est un prénom. Aussi sexy que Bélise ou Gudule, je vous l’accorde, sauf que celle qui le porte est jolie comme un cœur, alors vous vous y ferez. Elle a les cheveux non seulement blonds, mais longs comme les chutes du Niagara. La première fois qu’ils défilent à l’écran, vous vous attendez à un arrêt sur image à la Tex Avery, et à un sous-titre : « Longs, n’est-ce pas ? »
Elle les lance par la fenêtre de sa tour de 22 mètres, afin que sa mère puisse s’en servir comme d’une corde, pour grimper jusqu’à elle.
Sa mère : Mère Gothel. Gnak, la voilà ! Brune. Les yeux clairs. Une beauté ensorcelante. Un tempérament volcanique. N’en jetez plus : le rôle était pour elle ! Oh, j’ai oublié un petit détail : Mère Gothel tient Raiponce prisonnière parce que ses cheveux magiques lui prodiguent une jeunesse éternelle. Mère Gothel ne supporte pas que sa beauté se flétrisse avec l’âge. Elle est prête à tout pour la conserver, y compris : devenir La Méchante du dernier Disney !
Quelle jubilation de voir Isabelle Adjani, notre éternelle Doriane Gray, se saisir avec une fougue et un humour ravageurs de ce personnage… tabou ! Isabelle Adjani, jouer ça ! Elle qui s’écriait : « je ne vieillirai jamais ! » dans Ondine, déjà ! Elle que les médiocres épient plus que toute autre, à l’affût du moindre signe des années qui ont transformé la mélodie sortant de sa bouche, de la candeur fluette d’Agnès à la fureur époumonée de Marie Stuart.
Sa voix, c’est son Stradivarius. Elle peut la pousser vers les aigus pour faire éclater l’hystérie et débiter distinctement vingt mots à la seconde, comme dans Tout feu tout flamme. Comme la voix off de Viviane Denvers au tout début de Bon Voyage. Elle peut l’instant suivant la faire sourdre du fin fond d’un bloc de douleur tapi dans l’ombre, et ça donne le grain âpre de Marie Stuart hurlant sa rage impuissante du fond de sa geôle.
Miracle de l’inspiration : dans Raiponce, Isabelle Adjani use de toute sa palette. C’est Viviane (Bon Voyage) qui coupe la parole à tout va, la Reine déchue (Marie Stuart) qui profère interdictions et menaces, Sonia (La Journée de la jupe) qui se fait maternelle et rassurante et… une Isabelle Adjani inédite, ma parole, qui se lance dans ce rire en cascade qu’elle coupe aussi brusquement qu’elle l’avait fait surgir.
Voilà, il s’est présenté une occasion en or pour à la fois retrouver un large public (ce Disney de Noël va cartonner !), se moquer de son image et s’amuser comme une folle, et Isabelle Adjani a su la saisir. Bravo ! Et merci, car la joie est contagieuse.

Par Isabelle Devaux