Doublé pour Le Soir

9 décembre 2014

Le quotidien Belge francophone Le Soir consacre dans son édition du 9 décembre une double-page à Isabelle Adjani pour un entretien fleuve en deux parties.




Propos recueillis par Nicolas Crousse

"A trop vouloir, on peut vraiment tout perdre"

Si c'est le cinéma qui a fait d'elle une star, et la comédienne la plus primée de l'histoire des César (cinq récompenses comme meilleure actrice, loin devant Romy Schneider, Yoland Moreau, Catherine Deneuve, Sabine Azéma et Nathalie Baye), Isabelle Adjani n'a jamais caché que son royaume était, depuis ses premiers pas chez Garcia Lorca, puis dans L'école des femmes de Molière (à la Comédie-Française), le théâtre.
Or, c'est là que nous la retrouvons, jusque fin janvier, après huit années d'absence. C'est dire l'événement! Dans Kinship, présenté depuis un mois au Théâtre de Paris, Isabelle Adjani s'attaque, avec le jeune Niels Schneider et une réjouissante Vittoria Scognamiglio, au texte inédit de Carey Perloff. Elle y incarne la rédactrice en chef d'un journal local: une professionnelle, à priori sans autres états d'âmes que la chasse aux scoops, jusqu'à ce qu'elle tombe amoureuse d'un jeune reporter.
On pense à une série américaine... entrecoupée de commentaires de la Phèdre de Racine. La collision entre les deux mondes a désarçonné une partie de la presse française. C'est pourtant de là que vient pour nous l'intérêt de la pièce, qui mérite bien mieux qu'une critique expéditive. Et qu'Adjani envisage aujourd'hui de porter à l'écran. Nous l'avons longuement rencontrée.
Pas de place ici pour se retourner sur les souvenirs qui ont fait sa légende, de Truffaut (qui en fit une actrice sensationnelle) à Serge Gainsbourg (qui l'imposa en chanteuse étonnante), en passant par Bruno Nuytten, Daniel Day-Lewis, Chéreau, Warren Beatty ou Polanski.
Non: elle évoque ici, avec un souci d'authenticité qui ne cache pas quelques blessures, et qui confirme son statut de personnalité rare, précieuse, mais aussi courageuse, la condition de la femme, la guerre des sexes, l'émergence de la presse de caniveau, le poids de la célébrité.

Qu'est-ce qui vous a tant touchée dans le texte de Carey Perloff?
L'intensité et la complicité des relations qui se cachaient derrière un texte en vérité très simple, et qui peut toucher les gens, parce qu'il va faire écho à certains moments de leur vie, surtout les femmes. des moments d'éblouissement, comme on en vit dans les débuts amoureux, ou des moments d'effondrement, qui sont souvent les amorces de la rupture. C'est ça qui m'intéressait.
C'est une pièce qui parle d'aujourd'hui?
Absolument. Une pièce qui parle du pouvoir de deux femmes. Un pouvoir qui peut déranger un homme, d'autant plus s'il s'agit d'un homme qui n'est pas arrivé à complète maturité. Avec du coup la difficulté pour le jeune homme de se retrouver déchiré entre l'amour d'une mère possessive d'un côté et cette femme éprise de l'autre, qui aspire aux vertiges d'une histoire passionnelle.
On sent, quand vient le moment du salut final au public, combien vous êtes incroyablement émue. Vous donnez le sentiment que la scène relève pour vous d'une question de vie et de mort!
Là, ça devient absolument la vie. C'est toute ma vie, dans ces moments-là, le temps de la pièce. C'est toute ma vie qui est là. Je ne suis vivante que par ça et que pour ça. Et je suis tellement dans un état de reconnaissance immense, de joie immense, au sens chrétien, de rencontrer des gens qui sont présents pour partager ce même moment d'émotion, et qui font confiance à l'inconnu. Pour moi, c'est miraculeux, que les gens viennent encore au théâtre, comme on va encore à l'opéra ou au ballet pour y vivre quelque chose de sacré. C'est pour moi de l'ordre de l'irremplaçable.
Le théâtre serait au centre de votre vie, tandis que le cinéma serait un gigantesque accident de parcours?
Disons que j'aurais très bien pu ne faire de ma vie d'artiste que celle d'une comédienne au théâtre. Ça aurait tout à fait été possible. Mais il y a une incontournable aimantation vers le cinéma. Il m'aurait fallu une donnée qui soit littéralement de l'ordre de l'obsessionnel pour demeurer sur la scène. Quelque chose qui confine à l'ascèse, comme une prise de vœux. Mais ma structure physique n'est pas entièrement celle-là. Elle l'est en partie. Même si rien n'égale ce moment de don et d'échange avec le public sur scène. Rien ne se compare à ça.
Le personnage que vous incarnez est une professionnelle, une rédactrice en chef d'un journal en quête de scoops, et à la fois une femme amoureuse. D'où la question de la pièce: comment l'intimité se fraie-t-elle une place dans la société du spectacle aujourd'hui?
C'est le fait de se retrouver elle-même, elle qui a dû toujours considérer ce type d'emportements sentimentaux avec beaucoup d'indifférence, voire de mépris, dévastée par cette solarité qui la frappe soudain. Tout à coup, il y a toute la puissance de la femme-enfant qui surgit, et qui l'exalte. Quelque chose qui soudain vous réveille, alors qu'on ne se savait pas endormie. J'avais envie aussi de pouvoir parler des hommes. Ils sont assez perdus aujourd'hui.
En quoi sont-ils perdus?
En ce qu'ils ont plus de mal à trouver une place vis-à-vis de la femme, ceci alors que leur rôle de protecteur a été très mis à mal. On est dans une société où les femmes veulent pouvoir subvenir, et ça se révèle très castrateur, à tout. Elles ne sont légitimement plus dans l'attente d'une complémentarité, qu'elle soit financière ou affective, vu qu'elles font des enfants toutes seules. Elles sont au fond passées de la peur d'être abandonnées à la décision de se suffire à elles-mêmes, à travers une espèce de désillusion qui peut même amener une forme de dureté dans le projet d'une relation à deux, d'un couple, d'une union. Et ça doit être désorientant pour les hommes, qui sont à la fois presque infantilisés par ça, qui se sentent insuffisants, ou qui peuvent au contraire surcompenser avec une attitude plutôt misogyne et presque jusqu'à une déclaration de guerre. C'est comme si on revenait à cette fameuse guerre des sexes. En aboutissant à la mise à l'épreuve dans la torture de la sincérité ou de l'abandon que peut offrir une femme dans une relation. A un certain moment, si ça va trop loin, ça n'a plus rien à voir avec l'amour.
La pièce, qui aborde de thème de l'amour entre une femme mariée et un homme plus jeune, fait référence à "Phèdre". Et évoque en même temps ce fameux mot, mis à la mode de magazines, de femme "cougar".
C'est un mot grotesque, et pour moi pornographique. Un mot qui ne s'adresse qu'à la notion de prédation, sur le postulat d'une différence d'âge. Or pour moi, si la différence d'âge rend les choses évidemment difficiles, et Phèdre est la figure la plus ancienne de cette problématique, ce qui me frappe surtout c'est qu'on vit aujourd'hui dans une société extrêmement misogyne.
En quoi?
Généralement, c'est plutôt l'attitude d'un homme: j'ai ma femme, j'ai ma maîtresse, et puis je suis même capable d'inviter ma maîtresse à la maison, et on a cette relation invisible pour les autres, on est dans la complicité secrète, et comme c'est merveilleux, et tout et tout. Or ici, c'est elle, et c'est donc une femme qui se conduit comme ça, et de fait, elle va être condamnable. Pour moi, la tragédie dans la relation, ce sont ces timings décalés. On n'est jamais au même moment, au même endroit, dans le même ressenti. Et ça, pour moi, c'est plus important dans la pièce que la différence d'âge.
Ce que vous dites c'est que l'amour n'a pas d'âge, mais que c'est la société qui nous renvoie sans cesse la question de l'âge?
Mais oui! Il faut avoir suffisamment d'amour et de courage pour se défaire de ce type de préjugés. Non? J'ai joué La dame aux camélias, qui traite de ce thème, comme Benjamin Constant avec Adolphe, et Stendhal qui a sublimé le sujet avec Le rouge et le noir et La chartreuse de Parme. Et je trouve qu'il y a déjà un sacré chemin parcouru, grâce à quelques célébrités qui ont pu au départ défrayer la chronique par le caractère innovant de leur histoire. Je parle de la différence d'âge. C'est en train de rentrer dans les mœurs, mais la manière de salir ça, c'est justement à travers le vocable qu'on emploie, comme ce mot de cougar. Je déteste!
Il y a ce moment poignant de la pièce, quand vous faites dire à votre personnage "je suis trop vieille, trop excessive, trop en demande". L'âge est là, mais en tant que spectateur on est ici dans l'empathie. C'est une expérience universelle: on vieillit...
Oui. Elle dit à ce moment de la pièce "tu n'es plus épris, tu n'as jamais été épris". Ce qui me touche énormément, c'est la perte de confiance que peut avoir une femme, tout à coup, dans l'amour qu'on a pour elle. Dès qu'elle sent qu'il y a une forme de retrait, une femme ressent immédiatement ce qui est en train de se passer. C'est quelque chose, ces moments de détresse, de SOS, qui me touche beaucoup chez les femmes.
On parle beaucoup d'égalité des sexes aujourd'hui... J'entends que ça vous fait rire. Un homme avec une épouse et une jeune maîtresse, c'est presque un cliché. Si on inverse les rôles, une femme avec un mari et un jeune amant, vous venez de dire que c'est pratiquement l'hérésie. On juge très durement une femme de ce type?
Beaucoup plus qu'un homme, ça c'est certain. Quand il s'agit d'une femme, on parle de mante religieuse, de prédatrice, de femme ogresse...
... alors que pour un homme, on parlera de Casanova avec un soupçon d'admiration?
Exactement. Chez la femme c'est un abus, une déviance. Chez un homme, c'est la preuve de son fort pouvoir de séduction. C'est affreux pour la femme.
"Kinship" navigue entre "Phèdre" de Racine et les codes d'une série américaine. Ça en a désarçonné plus d'un. Or, ça me semble être l'intérêt de la pièce?
Je suis d'accord avec vous. Pour moi, Phèdre, c'est ici un double contre-point, c'est une voix off. Le rythme et la manière dont les scènes sont enchaînées ressemblent à quelque chose qui pourrait correspondre à la fluidité d'une série américaine d'aujourd'hui.
Vous êtes cliente des séries américaines?
Ah oui! J'adore House of cards, j'adore Scandal. Je trouve ça remarquablement écrit, dialogué, interprété.
Les séries auraient supplanté le cinéma?
En tout cas, la qualité de certaines séries américaines est du niveau de la qualité des films qu'on aime. Quand on voit House of cards et la puissance de Kevin Spacey, dont on connait l'audace quand il s'agit d'introduire des apartés shakespeariens et souvent funestes, face caméra, c'est génial. Ramener ce niveau de qualité dans le salon des gens, en les reliant au théâtre shakespearien, c'est aussi culotté que brillant.

"Il y a une telle éventration de l'intime"

Vous voilà, dans la pièce, rédactrice en chef d'un journal. Cela vous donne un regard particulier sur le monde du journalisme et des médias?
Ce n'est pas un monde que j'envie. Il y a une telle course à l'information que la rigueur en semble annulée aujourd'hui. Ne fût-ce que celle de prendre le temps et le soin de vérifier les informations et leur véracité. On est dans un système de profusion d'erreurs qui sont technologiquement relayées, et avec une chance pratiquement réduite à zéro qu'elle soient effacées. Cela devient alors de l'information fictionnée par le caractère factice du professionnalisme tel qu'il est pratiqué aujourd'hui.
Quatre mots anglais ont le vent en poupe dans le nouveau monde des médias: "people", "scoop", "clash" et la recherche du "buzz". Quatre mots qui fleurissent ces derniers temps autour de feuilletons tels que Trierweiler, DSK, Nabilla. Comment vivez-vous à l'intérieur de ce monde-là?
Je ne vis pas à l'intérieur mais à l'extérieur de ce monde-là. J'observe à la fois avec une forme d'indifférence et de consternation. Tout cela est évidemment d'un réel inintérêt, à la fois sur les plans intellectuel et moral. Pas moralisateur, mais moral au sens: qu'est-ce qui est beau, qu'est-ce qui est laid? On en revient à la vulgarité. Comment rendre la relation qu'on a au monde, et à ce qui s'y passe, absolument vulgaire, pour ne pas dire obscène. S'intéresser à ce qui est supposé nous désintéresser et qui constitue une grande partie de l'information, c'est tout de même juste un aveu de décadence sociétale, morale, même citoyenne. On est dans un moment de société qui est totalement enlisé dans le rendement. Et le rendement, ça va de l'argent à l'audimat.
Dès que vous vous exprimez dans les médias, la moindre de vos déclarations est précisément susceptible de faire ce fameux "buzz", comme on dit aujourd'hui. Vous ne vous sentez pas entendue, au sens profond?
Ah oui... (Elle éclate de rire). Et ça me faire rire.
Parce que vous avez fini par vous en habituer?
Vous savez, j'ai une position contestataire, sans chercher la contestation mais simplement parce que je suis dans l'authenticité... L'authenticité est une contestation, en soi. C'est une position contestataire aujourd'hui. Donc évidemment, tous ceux qui ne vivent pas dans cette authenticité-là vont traquer celui ou celle qui en fait preuve, pour tenter de l'éliminer ou de le ou la discréditer. C'est l'ombre et la lumière. Et c'est l'éternel combat.
Vous êtes une rédactrice en chef dans "Kinship", vous avez été enseignante dans "La journée de la jupe". On se souvient de vous en reine (Margot). Comment vous expliquez-vous que ces rôles de femmes de pouvoir, souvent seules et sous pression, vont vers vous?
L'enseignante de La journée de la jupe, qui est un film coup de poing pour lequel je me suis battue avec Jean-Paul Lilienfeld, est pour moi un personnage qui compte, en tant que mère, en tant que citoyenne. On y évoque une réalité qui n'est pas politiquement correcte. Je crois que j'ai toujours porté en moi le désir d'être un porte-parole, d'une certaine manière. Même s'il peut m'arriver évidemment d'interpréter des rôles qui n'auront aucune incidence sur la société. Quant à la rédactrice en chef, c'est une position de pouvoir, oui. J'aimerais beaucoup interpréter dans un film le rôle d'une journaliste corrompue. Une histoire qui reflète un certain aspect de cette pratique soi-disant déontologique du journalisme, et qui n'est basée que sur la traîtrise. Parce que s'il y a une chose aujourd'hui que je constate, c'est une façon d'être journaliste avant d'être fils, fille, père, mère, frère ou sœur. On est journaliste avant tout. C'est-à-dire qu'on est un traître potentiel avant d'être quelqu'un de parole.
Est-ce comme ça que vous voyez le journaliste qui vous interroge?
Mais non, bien sûr. Enfin, je ne vous connais pas, mais j'ai quand même un sixième sens, j'ai mon instinct et j'ai mon scanner à moi, qui passe par mon hypersensibilité.
Vous êtes néanmoins assez dure avec le métier de journaliste. Ne pensez-vous pas qu'il y a encore de la place pour un travail noble?
Je suis toujours très surprise par la façon très désinhibée, maintenant, dont certains journalistes, voire des patrons de presse, avouent avec une décontraction absolue avoir passé tant d'années avec par exemple tel homme politique, en avoir été extrêmement proches, être rentrés parfois dans leur famille, et un beau jour sortir un bouquin qui va être juste d'une indécence totale. Qui va exploiter cette amitié pour en faire des révélations qui vendent. C'est ce qu'on appelle la trahison. A partir du moment où vous êtes un ami... mais êtes-vous un ami? Alors maintenant, on se dit presque qu'il faudrait avoir une décharge signée par quelqu'un qui fait du journalisme, s'il rentre dans votre premier cercle. Je trouve ça assez terrible cette façon de dire: et bien oui, je suis journaliste, c'est mon métier, c'est normal que je n'aie pas de parole, c'est normal que je sois un salaud...
La trahison d'intimité à des fins commerciales fait penser à l'affaire Trierweiler...
Paradoxalement, je ne pensais pas à elle. Elle, je la perçois plus comme une femme que comme une journaliste. J'ai tendance à oublier qu'elle est journaliste. Or, vous avez raison, elle l'est. Mais je ne crois pas que ce soit au titre de sa profession de journaliste qu'elle s'autorise à faire un livre.
Au titre de femme amoureuse, de femme trahie?
Oui. Et je ne crois pas tellement qu'elle se prévale de son métier de journaliste. Je n'ai en tout cas pas envie de la juger mal.
Ni de condamner cette marchandisation de la vie privée?
En tout cas, en ce qui la concerne, je ne crois pas qu'elle ait essayé... Son livre, c'est presque une dissection sur l'homme politique, et pas seulement sur l'homme qu'elle a pu fréquenter. Si on devait résumer le message que son livre envoie, en deux lignes, c'est: "je crois que je me suis trompée, et vous aussi peut-être..." Mais sinon, aujourd'hui, il y a une telle éventration du privé et de l'intime. Ce que je vois des comportements de la presse française depuis la rentrée, avec ces scoops sur le privé des politiques, me donne l'impression qu'on a changé de mentalité. La protection de l'image existe au niveau du droit, mais c'est comme si elle n'existait plus...
Avoir une vie de célébrité depuis la prime jeunesse, vous assimiliez ça à une forme de malédiction?
Non, malédiction... Disons que c'est ce que j'appelle le vœu Carabosse. C'est-à-dire qu'autour de votre berceau, les belles paroles fusent de la bouche de merveilleuses petites fées. Vous recevez tous les vœux de prospérité et de bonheur, de beauté, de tout ce qu'on veut. Puis arrive la Carabosse de service. Alors là! Qu'est-ce que tu vas souffir! Et qu'est-ce que tu vas regretter! Voilà: c'est ça. C'est le soi-disant prix à payer. j'ai horreur de la formule "la rançon de la gloire", parce que je ne vois pas pourquoi il devrait y avoir de rançon là où on ne vole personne. La gloire n'est pas un hold-up. C'est aussi une offrande qui vous est faite. Et ça ne fait pas de qui que ce soit pour autant un ou une escroc. Mais c'est vrai que c'est un destin piège, comme pour cette femme dans Kinship, qui a des parallèles avec ma vie. Elle, elle veut ne renoncer à rien, comme on ne veut renoncer à rien quand on est "star", entre guillemets. On voudrait ne renoncer à aucune forme de bonheur et on pense qu'on va pouvoir réaliser tous ses désirs sans dégâts latéraux. Elle, elle a en apparence une vie de bonheur. Moi, j'ai en apparence une vie en or. On a des relations dans le monde politique, également dans la sphère de la culture. Un mari pour elle, pas pour moi. Des enfants formidables, là pour moi aussi. Une belle maison. Et donc, pourquoi pas vouloir aussi quelque chose qui arrive dans votre vie et qui vous soulève de terre! Mais bon, on découvre toujours à un moment donné qu'à trop vouloir, on peut vraiment tout perdre. Enfin, il paraît (rires).

Photo Cydbell